... si fragile. 

Un jeudi ensoleillé, le matin vous allez vous promener avec vos enfants au marché, vous achetez votre thé, vous faîtes les boutiques, vous rapportez du chinois. 

Vous parlez avec votre fille du voyage à Rome qu'elle doit faire. 

Vous tondez et grognez sur votre mari parce qu'il n'a toujours pas passé le motoculteur dans le jardin. 

Alors pour vous faire plaisir, on sort tout ce qu'il y a devant le motoculteur. Et hop, c'est parti ! 

La fin de l'après midi arrive. Vous regardez votre montre en vous disant que demain vous irez faire les derniers achats pour le voyage pour Rome. Vous regardez votre fils qui arrive à allumer la vieille tondeuse, vous regardez votre mari qui finit, il vous regarde et sourit. 

Et,en quelques secondes, ce moment éphémère de bonheur se transforme en cauchemar. 

J'ai longtemps hésité à écrire ce post. Mais, j'en ai besoin. 

Notre premier jour de vacances avait si bien commencé. Il n'a fallu qu'un quart de secondes... Mes nuits sont hantées par la chute de ma moitié, par ses cris, et ceux de mes enfants. Mon impuissance, mes voisins qui se précipitent, qui le soutiennent... Les pompiers, les gendarmes, l'hélicoptère, tout ce bruit, ces cris, ces larmes. 

Ce soir, je suis revenue de l'hôpital moins en forme. J'ai besoin d'écrire, de mettre des mots sur ce que je ressens. On attend de moi que je sois forte, que je sois le pilier de ma famille. Mais, que dire à mon mari quand celui-ci me parle de demain , de la visite du chirurgien qui lui annoncera certainement l'amputation d'un doigt de pieds voire de plus. Que lui dire devant sa jambe mutilée et qui ne sera plus jamais la même. que lui dire quand vous savez que ce n'est peut-être qu'un début. 

Je prie le Seigneur que ce ne soit que ses orteils, je prie pour qu'il me donne la force, je prie pour ne pas flancher devant mes enfants. 

Je finis ce post sur cette image que ma fille nous a envoyé. Deux cierges allumés pour lui. 

Basilique vatican